vendredi 20 janvier 2012

Interview : pour Nouakchott/info




Interview :
Breika Ould M’Bareck : «J’espère que le gouvernement confiera les dossiers de l’esclavage et du passif humanitaire à deux personnalités indépendantes dont l’intégrité et la crédibilité sont établies» 

Officier à la retraite Breïka Ould M’Bareck, sortant des écoles de Coëtquidan (France), est aujourd’hui membre de la Commission Nationale de Droits de l’Homme (CNDH). Il fut, sous Haidalla, de 1981 à 1984, l’un des principaux artisans des Structures d’éducation des masses (SEM) avant d’être mis à la «retraite d’office» par Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya à la faveur du coup d’Etat du 12/12/84 renversant Ould Haidalla.
En 2003, Breika va en exil forcé, et fonde, avec d’autres opposants à l’étranger, «l’Alliance Politique» qui s’était rapprochée du mouvement des Cavaliers du Changement. Il reviendra au pays en 2005, après le coup d’Etat du CMJD et il s’active dans la société civile en créant le Réseau africain pour le développement humain durable. Depuis, il ne cesse de militer dans la société civile pour se retrouver aujourd’hui membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), en plein cœur du combat pour les droits Humains.
Au sujet des problèmes de l’heure, autant des droits de l’homme avec le dossier du passif humanitaire et l’esclavage, que politiques avec la place des militaires dans l’histoire de la Mauritanie, Breika a bien voulu se prêter, avec Nouakchott Info, au jeu des questions-réponses. Sans esquive.

Nouakchott Info : En tant que militant des droits de l’Homme et de surcroît membre de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), quel est votre point de vue sur la situation actuelle du pays ?
Breïka Ould M’Bareck: En ma qualité d’officier, je suis de la famille militaire que l’opinion considère souvent à part et dont l’arrivée au pouvoir serait qualifiée de « catastrophique pour le pays » par une certaine opinion. Il me semble en tous cas opportun de faire un aperçu global sur l’action des forces armées depuis le coup d’Etat de 1978. Notre pays était alors engagé dans la guerre, très difficile, du Sahara occidental qui a été imposée à feu le président Moktar Ould Daddah auquel je rends hommage pour avoir tenu tête, à l’époque, au pays frère algérien, lequel avait voulu le piétiner et par la suite piétiner son pays. L’action militaire du 10 juillet n’était pas contre la personne de Moktar Ould Daddah et encore moins contre sa région, mais elle était plutôt dictée par les circonstances de l’heure lesquelles étaient marquées par l’impérieuse nécessité de mettre un terme à la guerre. Il faut même le rappeler ici: arrivés au Pouvoir, les militaires avaient proposé aux Nations Unies de prendre en compte l’administration des territoires sahraouis avant même que les troupes mauritaniennes ne s’en retirent.
Il convient de reconnaître que les militaires étaient les premiers à mettre en place une politique nationale de pêche et à exiger le débarquement des captures de navires étrangers sur le sol mauritanien avant l’exportation. Ils ont également mis en place une société nationale de pêche (SMCP) avec une flotte nationale de plus de 300 bateaux. Sur le plan agricole, il ya eu une reforme agraire très importante qui a fondé des équilibres sociaux. De même qu’une reforme foncière avait été initiée.

NI : Et sur le plan de la cohésion sociale ?
BOM : Sur le plan social, l’abolition de l’esclavage avait été instituée, dès 1981, par l’ordonnance 81/234. Sur le plan culturel, la mise en place d’un institut des langues nationales initié par les militaires avait aussi constitué un apport qualitatif. Des structures d’éducation des masses, destinées à impliquer les populations dans la gestion des affaires du pays et les préparer au système démocratique ont été mises en place.

NI : Parlons un peu du présent …
BOM : Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, le président Mohamed Ould Abdel  Aziz, même s’il est issu du sérail militaire, a hérité d’une situation extrêmement difficile, notamment en ce qui concerne l’unité nationale et la paix sociale.

NI : Qu’est-ce vous entendez par unité et paix ?
BOM: Il y a le problème de l’esclavage resté pendant depuis Haïdalla malgré l’ordonnance 81/234 et la loi criminalisant l’esclavage du temps de Sidi Ould Cheikh Abdallahi (SIDIOCA). Sans s’attarder sur la problématique de l’existence ou non de cette pratique, le président Aziz a orienté l’action du développement vers les zones du triangle de la pauvreté où les séquelles de l’esclavage sont toujours ressenties. Aussi la politique de viabilisation des zones périphériques de  Nouakchott a contribué à rehausser le niveau de vie des franges les plus pauvres, dont les anciens esclaves. Le président Aziz  a mis en place le Projet Eradication des Séquelles de l’Esclavage (PESE) qui a pour mission d’encadrer la réinsertion des anciennes victimes de l’esclavage. Je crois que ce projet doit être transformé en une agence d’insertion, d’émancipation des anciens esclaves, parce que la problématique de l’esclavage se situe aujourd’hui au niveau socioéconomique et culturel. Concernant les évènements de 1987-1991, le président Aziz est allé encore beaucoup plus loin que SIDIOCA en signant un accord de réconciliation nationale avec le Collectif des victimes et rescapés (COVIRE). Il a reconnu les faits au nom de l’Etat et a demandé pardon aux victimes, tout en s’engageant à mettre en place les réparations matérielles et morales nécessaires. Ce qui a certes créé un regain de confiance sociale et un rapprochement entre les composantes de la population. Cependant, il convient de dire que des améliorations doivent être apportées à ce processus. Le président a, en outre, fait un geste à l’endroit des victimes militaires ayant quitté les forces armées et de sécurités dans des conditions restées sombres. Il faut aussi souligner que grâce au soutien du président Aziz, la CNDH est passée au statut A des organisations des commissions nationales de droits de l’Homme. Cependant il est nécessaire que le Premier Ministre s’inscrive dans ce même élan et donne à la CNDH les moyens nécessaires pour son action. Car, au moment de l’étude de la loi de finance pour 2012, le gouvernement aurait du veiller au financement de la CNDH. C’est dire que notre pays a fait, sur le plan des droits de l’Homme, des progrès considérables, mais des efforts restent encore à fournir, notamment dans le sens de la sensibilisation des autorités administratives et judiciaires sur l’importance que revêtent les questions relevant des Droits Humains. J’espère que le gouvernement confiera les dossiers de l’esclavage et du passif humanitaire à deux personnalités indépendantes dont l’intégrité et la crédibilité sont établies afin de reprendre ces dossiers avec toutes les prérogatives nécessaires pour élaborer, dans un délai de six mois, un rapport détaillé qui sera soumis au Président de la République.

NI : Que pensez-vous des mouvements IRA et TPMN ?
BOM: Chaque citoyen a le droit et doit être libre, de défendre ses idées. Que cela soit dans le cadre d’une association ou à titre individuel. C’est pourquoi, j’estime  qu’IRA ou toute autre association qui remplit les exigences légales, doit avoir son récépissé.

NI : Que pensez-vous du dialogue politique ?
BOM: Je pense que le dialogue est une nécessité pour le pays et le président Aziz, l’a compris. C’est donc un grand acquis pour tout le peuple mauritanien. Il faut se féliciter des résultats de ce dialogue politique national, saluer la participation des quatre partis d’opposition et regretter le boycott des autres formations de l’oppositions qui n’y sont pas allées, puisque leur participation aurait contribué à l’enracinement de la démocratie dans notre pays. Il faut par ailleurs souligner que le dialogue amorcé a péché par certains points notamment l’interdiction des candidatures indépendantes (non inscrites) qui constitue un dommage pour la démocratie. De même que l’absence de la société civile à ses assises n’est pas une bonne chose.

NI: Que pensez-vous de la situation du pays aujourd’hui qualifiée de catastrophique par l’Opposition ?
BOM: Je respecte le point de vue de tous les acteurs politiques et je crois actuellement que le pays a des difficultés comme la plupart des pays à travers le monde. Il y a la sécheresse, la crise économique internationale, les conséquences du « printemps arabe ». Je rappelle qu’avec la crise financière mondiale, les américains ont perdu  leur triple A (AAA), que l’eurozone est aujourd’hui sous surveillance des agences de notation, que les Bricks, ou pays émergeants, commencent encore à craindre les difficultés. Il est donc, de ce point de vue, normal que la Mauritanie connaisse des problèmes économiques. Mais je vois que le gouvernement tire bien son épingle du jeu et s’attèle à acheter la paix sociale. A travers le plan d’urgence « Tadoumoun», il pourra orienter son action vers les zones des adwaba très affectées par l’enclavement, le dénuement et le manque d’accès à l’eau potable. Il convient ici de rappeler qu’il est indispensable de mettre en place un suivi rigoureux de l’exécution de ce plan pour éviter qu’il ne soit détourné de ses objectifs. Etant donné que ce pays nous appartient à tous, ceux qui pensent que la situation est « catastrophique » doivent faire des propositions concrètes pour faire y face.

NI : Que pense-vous de l’engagement contre le terrorisme ?
BOM: Il s’agit d’une lutte qui a été imposée à notre pays par l’AQMI. Je me félicite des efforts consentis pour faire face à ce phénomène transfrontalier et c’est pourquoi, je félicite le Chef d’état major, le général Mohamed Ould Cheikh Mohamed pour les réformes entreprises afin de mettre en place une armée digne de ce nom. Je félicité également les différents chefs de corps de sécurité. Il faut aussi se féliciter du travail réalisé par le DGSN et la DGSE quant au travail énorme abattu pour améliorer la qualité et la  fiabilité des renseignements. Tous ces progrès réalisés sur le plan sécuritaire n’avaient pu être possible sans la volonté politique et la détermination du président de la République commandant en chef des forces armées. Je ferai remarquer cependant que pour une plus grande efficacité face au terrorisme, il convient de procéder à des réformes afin d’accroître la puissance de feu, l’aéromobilité et multiplier les moyens de renseignement.
Propos recueillis par Ely Ould Maghlah

Interview de Breika Ould Mbareck à La Tribune





« en ma qualité de militant des droits humains  et membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, je suis par principe hostile à tout mandat d’arrêt international »
Breika Ould Mbareck est officier  retraité de l’armée nationale de Mauritanie.  Comptant parmi les militaires qui se sont illustrés dans la guerre du Sahara entre 1975 et 1978, il obtient deux médailles. Commandant de la 6e région militaire de Nouakchott et Président de la Commission régionale des Structures d’Education des Masses en 1982, il a travaillé notamment dans le cadre de l’encadrement des enfants, la préparation des populations à la démocratie, la lutte contre la désertification, l’organisation des populations en vue de les faire participer à la gestion des affaires de la cité, notamment hygiène, santé et alphabétisation.  A la veille du coup d’Etat du 12/121984, il était suspendu de ses fonctions. Aujourd’hui, Breika Ould Mbareck est président du Réseau Africain pour le Développement Humain Durable (READHD) et membre de la Commission Nationale de Droits de l’Homme (CNDH). Il n’en demeure pas moins un observateur de la scène politique nationale. Entretien :


La Tribune : La Mauritanie vit un tournant politique marqué par une situation d’insécurité et une agitation politique se traduisant d’une part par un bras de fer des autorités avec des mouvements terroristes et d’autre part par des réactions d’une opposition ne voulant rater aucune occasion de montrer les faiblesses du pouvoir en place.  Comment analysez-vous cette situation ?
Breika Oud Mbareck : Je crois qu’il y a une guerre imposée à la Mauritanie par l’AQMI. La zone de prédilection de ce mouvement fait qu’il menace l’ensemble des pays du Sahel. La Mauritanie se trouve sur un axe qui l’oblige à réagir pour assurer la sécurité de ses citoyens et de tous ceux qui se trouvent sur son territoire. Cette réaction audacieuse  est déterminée de la part du gouvernement de Mohamed Ould Abdel Aziz a pris de court les responsables de cette organisation qui ont décidé de tout mettre en œuvre pour déstabiliser la Mauritanie.  Il faut saluer ici les efforts entrepris pour moderniser nos forces armées et renforcer la capacité de nos services de renseignement pour  renforcer  leurs capacités « d’acquisition des objectifs ».  C’est là que je pense que tous les acteurs politiques et même la société civile doivent apporter leur soutien  à l’armée dans cette mission de défense de l’intégrité territoriale.  Il faut cependant accroître les efforts pour augmenter la puissance de feu de nos troupes et leur aéromobilité…
La Tribune : Vous dites qu’il faut saluer ici les efforts entrepris pour moderniser nos forces armées et renforcer la capacité de nos services de renseignement pour  renforcer  leurs capacités « d’acquisition des objectifs ».  Pourtant  ces efforts n’ont pas empêché l’enlèvement d’un gendarme dans des conditions assez bizarres… il y a eu également un cafouillage dans un poste de gendarmerie en Assaba où des gendarmes ont tué le chauffeur d’une ONG (voir article, ndlr.)  Comment se portent les troupes au plan psychologique ?
Breika Oud Mbareck : Je voudrais attirer votre attention sur le fait qu’en matière militaire il n’y a pas de dispositif infaillible. Par exemple la force internationale se trouvant en Afghanistan avec toute son armada sophistiquée n’empêche pas qu’il y ait eu souvent de bévues, des accidents, des morts et des blessés et même des prise d’otages de journalistes…Les Forces armées et de Sécurité Mauritaniennes peuvent parfois subir des pertes. Cela n’a aucune influence à mon avis sur la psychologie des troupes. Au contraire,  il suffit de regarder les hommes sur le terrain, ils sont galvanisés.  Un adversaire, quelle que soit sa pointure, peut toujours infliger des pertes à son ennemi.
La Tribune :  Les autorités ont lancé un mandat d’arrêt international contre Moustapha Ould Limam Chafi’i. Ce qui a suscité une vague de solidarité de la classe politique opposante et d’une partie de la société civile à l’égard de cet opposant mauritanien établi à l’étranger.  Pensez-vous que pareille réaction de l’opposition soit légitime ?
Breika Oud Mbareck : Avant de répondre à cette question, permettez-moi de présenter mes sincères condoléances à la famille de Limam Cahifi dont je viens d’apprendre le décès. Cela dit, en ma qualité de militant des droits de l’homme et membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, je suis par principe hostile à tout mandat d’arrêt international. Parce que la logique des gouvernements, africains et arabes en particulier,  est différente de celle des militants des droits de l’homme qui sont toujours méfiants par rapport  aux raisons et motivations de l’émission d’un mandat d’arrêt international.
La Tribune : Et par rapport à la réaction de l’opposition ?
Breika Oud Mbareck : Partant du fait que le Président de la République a acquis une très grande expérience dans la gestion des affaires de l’Etat, je crois que ce mandat d’arrêt n’a pas été émis  de manière fortuite, sans être basé sur des éléments palpables. Pour ce qui est de l’opposition, elle est dans son rôle. Très certainement, elle veut profiter de l’effervescence qui règne dans la région et porter le maximum de coups au pouvoir ; surtout que la majorité soutenant le pouvoir semble briller par son absence et son inefficacité à occuper l’espace politique.
La Tribune : Parlons à présent de Biram Ould Dah Ould Abeid. Il semblerait que l’homme soit menacé de mort.  Un policier en civile a été violemment pris à partie par ses gardes du corps dans un meeting jeudi passé. Ce policier aurait été pris en possession d’une arme qu’il cachait sous son boubou. Quelle appréciation faites-vous du style l’IRA dans la lutte pour les droits humains en général  et de la manière avec laquelle les autorités réagissent souvent face à ce mouvement, sachant qu’il y a eu des précédents en termes d’affrontements entre militants de l’IRA et forces de l’Ordre?
Breika Oud Mbareck : Je me félicite qu’un homme, de surcroit issu de la communauté des anciens esclaves, prenne le flambeau pour que notre pays mette fin de façon définitive au problème de l’esclavage. Le style de l’IRA n’est pas le mien parce que moi je pense que les anciens esclaves en milieu maure font partie de cette communauté et que le combat doit se faire sur ce terrain-là. En plus, il n’y a pas de problème de liberté mais un problème d’égalité.  Je pense donc, que le gouvernement doit accorder un  récépissé conformément à la loi en vigueur. Cela permettra à cette organisation de mener son combat.  Cependant cette organisation doit bannir la violence et faire preuve de beaucoup de tolérance. Quant à la menace de mort, cela ne fait pas partie des habitudes de notre pays. Cependant rien n’empêche que l’IRA porte plainte pour que la lumière soit faite sur cette question.  Les services de sécurités du pays doivent désigner une commission d’enquête pour tirer au clair ces accusations.
Propos recueillis par Kissima

samedi 11 décembre 2010

Regard furtif sur le parcours d'un résistant

Le parcours du Capitaine Breyka  o/ M'Bareck



Capitaine Breyka  o/ M'Barek o/ Varaji o/ Boutimitt. Commandant de la 6 émet région militaire/ Nouakchott et président de la commission régionale des structures d’éducation des masses. S.E.M (1981-1984 ).

1948 : Date de naissance à ATAR Wilaya de l’adrar.

1958 : Début de ma lutte pour l’abolition de l’esclavage et l’émancipation des khadharas .En ce qui me concerne il faut bien dissocier les ABIDS des affranchis.

1958/1960/1964 : Etudes primaires, secondaires et professionnelles.

1964/1970 : Dans l’exercice de ma profession d’enseignant à Bir Moghrein et à Chinguitti, je m’étais imposé la noble mission de préparer la composante ( khadhari ) à assumer son avenir et sa place sur l’échiquier national

1970 : Ecole spéciale militaire de Coeitquidan Saint CYR (E.S.M. 3eme Bataillon) Bretagne France – Formation officier d’infanterie.

1972 :Mutation instructeur au Centre d’instruction de l’armée nationale(Rosso)

1972 : Début des contacts entre  feu Moulaye Hachem o/ Moulaye Ahmed et moi-même pour la mise en place d’un groupe d’officiers subalternes pour la préparation de la prise du pouvoir.

1972 : Décembre, mutation Cdt du G.N 31 au 3ème Escadron Monté à Néma

1973 : Février, divergence avec le Cdt du 3eme escadron monté;

1973 : Mars, mission de ravitaillement à l’Etat major national Nouakchott

1974 : Juin, j’ai été désigné en qualité de responsable de l’antenne départementale de l’opération vivres à AOIUN, le Cdt d’escadron de Néma s’opposa à cette promotion.

1974 : Départ pour une formation d’officier d’artillerie sol-sol à l’école d’application des armes de combat E.A.A.C à Batna/ Aurès/ Algérie.

1975 : Major de ma promotion avec la plus forte moyenne de l’ E.A.A.C ; le président Algérien feu Houari Boumediene m’adresses des félicitations écrites.

Novembre 1975 : Mutation à l’escadron de reconnaissance à Atar

Décembre 1975 :

- Début de la guerre du Sahara ; prise de Lagoueira

- Mutation officier de tir de la 1ere batterie d’artillerie sol-sol du 1er groupement G1


Janvier 1976 :

prise de  Bir Gandouz,Argoub et Dakhla

Embuscade à Tachichquintt dans l’Aguerguer  sur la route menant à Aousserd

Février 1976 : Prise et occupation d’Aousserd

Contre attaque du Front Polisario à Aousserd  qui a durée  plus de 10 jours : destruction de la base arrière du Front Polisario à Gleibatt Legléya.

Mai 1976 : titularisé commandant de la 1ere batterie d’artillerie sol-sol.

1976 : Citation à l’ordre de l’armée bataille de Mijick (Tiris EL Beyda)

1977 : Citation à l’ordre de l’armée bataille d’Unkaratt Bir Enzarane Tiris El Gharbia.

         -Attaque de Tichla j’intervention à partir d’Aoussred pour rompre  l’encerclement des unités du secteur 3 commandées par Jiddou o/ Saleck

 -Rencontre avec Ministre de la défense et du chef d’état major sur le théâtre des opérations à tichla

1 er Mai 1977 : attaque du centre minéralier de Zoueiratt , en mission de ravitaillement à Zoueratt j’assume le commandements des unités sur place pour déloger les forces du Polisario infiltrées dans la ville.

- le 2 Mai Les forces Polisario ont été rattrapées  au niveau de atelet Zadas.

- le ministre de la défense et le chef d’état major national ont donné l’ordre de lever l’encerclement des forces Polisario pour protéger la vie des otages occidentaux enlevés au cours du raid sur Zoueratt .

Juin 1977 : Attaque de Zoueiratt  par Zmeilit Leghthoutha les forces polisario ont été repoussées et poursuivies en passant par M’heiriz El Hachia.

Le défender  du commandant feu Mohamed O/ Bah O/ Abdel Kader et feu Mahfoud Fall a été abattu au dessus du mouvement de terrain Zmeilit O/ Deikhine. Le deuxième jour après la destruction de cet aéronef, il a été localisé par mes unités  et les deux officiers sinistrés  ont été retrouvés  à 100m au Nord cachés dans les débris de la carcasse de l’avion.

Ouverture d’un stage pour la formation de300 sous officiers caporaux  spécialistes d’artillerie sol-sol par la première batterie d’artillerie.

Juillet 1977 : Mutation en qualité de commandant du sous secteur d’argoulet / 1ere région militaire

31 juillet : Retour à Aoussred après l’attaque de Gleibatt  Légleya qui s’est soldée par un bilan très lourd.

Septembre 1977 : Mutation commandant du 1er bataillon d’artillerie sol-sol à la 1ere région militaire Aoussred

          -Bataille de la bataille de la Sebkha de Tidzit, divergence avec le Cdt de la 1ere région militaire.

Mutation officiers OPS  chargé d’assurer le ravitaillement en vivre, carburant et eau potable des forces basées à Aoussred à partir de Dakhla et de Nouadhibou

La nomination de feu Moulaye Hachem en qualité d’aide de camp du président de la république a permis de relancer le projet de prise de pouvoir initié dés 1972 ;ce dernier a pris l’initiative de prendre contact avec les officiers supérieurs en informant feu Jiddoud O/ Saleck de notre projet.J’ai désapprouvé cette démarche,elle allait considérablement changer la donne.

Mutation à la deuxième région militaire en qualité de commandant du sous groupement 21 baron 1 /2eme RM/à F’Derick  en vue de l’exécution  imminente du coup d’Etat.

10 Juillet 1978 : exécution du coup d’Etat.

Août 1978 : Crise au sein du CMRN ; les officiers subalternes feu  Moulaye Hachem et moi-même  sommes  accusés de préparer un contre coup d’Etat pour restructurer  le CMRN.

Arrestation  et détention  6 mois à la compagnie du quartier Général  (CQG)

Janvier  1979 : mise à la réforme

Février  1979 : Déclenchement d’un grand mouvement de protestation et de revendication par le mouvement El Hor.  Pour l’accélération de l’émancipation  des khadharas affranchis et la libération de ceux  qui sont encore sous le joug de l’esclavage. Ainsi que ma réintégration immédiate.

Avril 1979 :A la tête de la majorité des membres du CMRN et avec le soutient des commandants de région militaire le LT colonel Mohamed Khouna O/ Haidallah procéder à une restructuration du CMRN qui devient CMSN le président ould Saleck perd une grande partie de ses pouvoirs ; j’ai participé avec mon ami et frère Moulaye Hachem à cette opération

Mai 1979 : Réintégration dans l’armée.

Juin 1979 : Mutation commandant du centre d’instruction de l’armée nationale C.I.A.N.

Août 1980 : Au cours d’une réunion au domicile de feu Moulaye Hachem nous avions décidés l’élargissement  du groupe d’officiers chargeaient de préparer et finanliser la prise du pouvoir

   

1980 : Rencontre avec l’émissaire  de feu le colonel Mohamed O/ Bah O/ Abdel  Kader pour me proposer   de participer à la prise du pouvoir. Refus catégorique.

Mutation adjoint OPS de la 1ere région Nouadhibou.

 1980 : limogeage du chef d’Etat major  et ma mutation en qualité de commandant du groupement blindé autonome  et adjoint au commandant de la 2eme région à F’Derrick.

Mai 1980 : A la suite de la visite d’une délégation d’ officiers supérieurs Irakiens ; le chef d’Etat major national m’a convoqué à Nouakchott pour être envoyé à  l’école de guerre en en Iraq   .

Septembre 1980 : Réorganisation de la 2eme RM .

1980 : Echange de prisonnier entre l’armée nationale et les forces du  Front Polisario représentées par Sidi Ahmed  O/ Bathal. L’échange s’est effectué au nord de Zoueiratt  dans la région de Mijick à Agouathim.

janvier 1981 : Règlement de la crise syndicale à Zoueiratt  provoquée par les renouvellements du bureau et la désignation des délégués au congrès national.

: 1981 : Désignation d’un premier ministre civil.

-Le CMSN propose à la concertation nationale un projet de constitution instituant un régime parlementaire.

16 Mars 1981 : Opération commando à Nouakchott, ce commando qui était diriger par feu les colonels Ahmed Salem O/ Sidi et feu Mohamed o/ Bah o/ Abdel Kader a reussi à  contrôler les centres nerveux du pouvoir de 09heures à 1 13 heures.


Mars 1981 : Poursuite et récupération des animaux volés par le Front Polisario à la porte de Rabonny Tindouf.L ‘opération    exécutée à plus de 700 km au nord de Zoueiratt ( Tiguismatt El khadra et EL Beida ) a permis de ramener tous les animaux et à faire des prisonniers dont des responsables militaires Polisario

Rencontre avec  Omar Mansour et Khadad à Bir Therth pour circonscrire la crise des troupeaux .

 Libération de tous les prisonniers pour éviter au pays une nouvelle crise avec le Front Polisario et l’Algérie

Août 1981 : Mutation en qualité de commandant de la 5eme Région Militaire de Nema .

-          Limogeage du premier ministre civil et nomination Taya premier ministre et  ministre de   la Défense  .

-          Mai, Juin, Juillet 1981 : Organisation et circonstance des populations du Hodh Charghi et sécurisation de notre longue frontière avec le Mali (plus de 2000 km

-        

Novembre 1981 : Mutation en qualité de commandant de la 6eme RM.

Janvier 1982 : Désignation en qualité de président de la commission des structures.

Juillet 1983 : Participation  au Défilé militaire du 10 juillet 1983 dirigé par le Colonel Brahim oued Aline Ndiaye  Chef  B3

1983 : Contact avec l’émissaire de feu le roi Hassan II pour demander de ne pas cautionner la reconnaissance de république Arabe sahraoui démocratique que Mohamed Khouna o/ Haidalla doit annoncer dans son discours adresser à l’assemblée générale des nations unis .

Novembre 1983 : Médaille d’honneur de 3éme classe

Décembre 1983 : Reconnaissance de la RASD ,

1984 : Limogeage de la 6eme RM accusé de complot, au profit de la Lybie   et arrestation des  nasséristes.

- Suspension d’une année.

-       
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Le 12 décembre 1984 : Arrestation  de détention avec isolement en génie  militaire.

Mars 1985 : Transfert à Jreyda  .

Mai 1985 : Retour au génie militaire pour comparution devant la cour spéciale de justice

Juin : Retour à Jreyda

Décembre : Transfert à Kaédi  au Gorgol à l’ ENVA

1986 : Perquisition  par le  Wali du Grogol,  son commandant du groupement regional de la garde et son adjoint

Novembre 1987 :, Transfért à Boumdeid / Assaba

1988 : Novembre : Amnistie sans droit.

Décembre : Résidence surveillée à Atar.

Mars 1989 : Organisation et préparation  de la composante Khadhari  à mener la bataille pour la commune d’Atar

1990 : Expulsé de Nouakchott.

1990 :Lettre ouverte .

         1994 : Création d’une initiative politique

         2000 :Publication d’un plaidoyer pour le règlement de la problématique de l’esclavage

2003 : Election présidentielle, j’apporte mon soutien à Mohamed Khouna o/ Haidalla .

- Le 09 novembre : arrestation au cours de la campagne pour complot (grab 1 ) libération le même  jour à 22H 30

11 novembre : Départ du pays pour rejoindre la résistance armée contre le régime de  Taya .

 le 13 novembre : Accueil par feu Seydou Kane professeur d’histoire politologue, opposant  historique mauritanien, mon ami et frère feu Seydou Kane alias Moustapha Bolly auquel je rends ici hommage et toute mon admiration pour s’être sacrifié pour ce pays ( la Mauritanie ) jusqu’à son dernier souffle.

15 novembre : feu Seydou Kane procède à mon installation.

18 novembre : Rencontre chez tonton Boubacar (avec  Med lemine o/ Dedde ) de conscience et résistance ; ce dernier a fait comprendre qu’un contact avec les cavaliers du changement est souhaité , je l’ai autorisé à leur communiquer  mon numéro de téléphone

Novembre 2003 : Contact  avec Saleh Hanena .Les cavaliers souhaitent qu’on travaille ensemble .Il a été décidé que  je dois me rendre au Mali

-décembre : Départ pour le Mali , Dakar, Tamba , Kidira, Kayes ( par véhicule) Kayes- Bamako par train , accueil à Bamako par un ami et frère à Achour Demba – Touré Mamadou prise en compte par des alliés aux cavaliers de changement après un contact téléphonique ;

2004 : Rencontre avec les délégués des CC  à Koutialla- Au cours   de cette rencontre il a été décidé de créer un mouvement politico- militaire

Février : Retour au Sénégal, accueil à la gare par un ami et frère feu Seydou Kane ; qui a organisé mon installation

Mars : Rencontre avec les dirigeants du M25, le FURAM pour la mise en place de la force du sud est (COPMO) .

En avril : Réunion à Saint-louis avec M25 et le FURAM  pour mise en place d’un dispositif militaire de la COPMO   de Ndiago à Haiti.

Contact  avec Saleh ould Hanena qui m’informe que l’opération contre le régime de Taya doit être déclenchée  fin septembre,

Une mission doit être envoyée pour  arrêter une décision finale avec les cavaliers de changement avant le déclenchement de l’opération

     Juin : Création de l’alliance patriotique.

 Novembre : Créations des justiciers des déserts en remplacement de la force du sud- est COPMO donc le dispositif s’étendait de N’diago à Haiti.

Janvier 2005 : Procès de Wad nâga (condamnation par coutumace  5 ans ferme)

Février : Rencontre avec le représentant du Groupement Militaire Negro –Africain

Pour le Changement  : GMNAC

Le 04 Aout 2005 : Publication d’un document «  un événement prévisible ». Intervention à Sud Fm pour attirer l’attention du CMJD de tout mettre en œuvre pour régler le problème des forces armées avant de passer le témoin a un gouvernement civil

 Le 06 Aout : Signature du document  publié par  Maître Mohamed o/ Lagdaf

Participation à la rencontre de Dakar sous l’égide de Maître Abdoulaye Wade Président de la république du Sénégal et du représentant de l’union africaine.

Aout 2005 :   Publication de la Déclaration de Dakar,.

amnistie.

membre d’honneur des associations des refugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali.

Novembre 2007 : Rencontre de Dodel de tous les responsables des camps des refugiés. appel de Dodel

-          Juin 2007 : Retour en Mauritanie
-          2007 Président de Réseau Africain pour le développement humain durable READHD
-        2008 Membre fondateur  de la Rabita de Kabaiil El Sahara El Koubra
-        2009 Membre fondateur de l'Alliance Arabe pour la Démocratie, le développement et les Droits de l'Homme
-        2010 Membre de la Commission Nationale des Droits de l'Homme
         2010 Président des anciens et retraités des forces armées et de sécurité COF



Les raisons qui justifient le droit pour notre pays de se défendre contre l’extrémisme violent


En raison des différentes réactions suscitées par la lutte que mène notre pays contre l’extrémisme violent, je souhaite apporter ici ma modeste contribution à la compréhension de ce phénomène étrange à notre pays et qui depuis quelques temps fait des victimes au sein de nos forces armées et de sécurité, ainsi que des paisibles citoyens et étrangers en visite dans notre pays.

A cet effet, il me semble nécessaire de revenir à la définition du terrorisme, vu sous ses différents aspects et surtout affirmer que ce phénomène est fondamentalement étranger à notre sainte religion l’Islam.

Pour dissiper toute équivoque, je rappelle que le terrorisme emploi délibéré de la violence (assassinats, attentats; enlèvements) à des fins politiques, de telle sorte que leur retentissement psychologique terreur et peur dépasse largement le cercle des victimes directes pour frapper massivement l'opinion publique concernée. Les auteurs des actes terroristes considèrent généralement leurs actes comme une résistance ou une rébellion.
Le mot terrorisme est attesté pour la première fois en 1974,il s'agissait alors d’un instrument utiliser par un pouvoir pour sévir contre toute forme de résistance ou de contestation. A partir du XIX siècle le mot a évolué pour désigner des modes d’action contre un pouvoir en place exemple en 1866 pour l'Irlande et 1883 pour la Russie. A partir de cette période jusqu’à nos jours on peut parler de :

- 1- Terrorisme individuel Il est provoqué par des rebelles, des anarchistes ou des nihilistes (admettant une liberté morale

-2- Terrorisme organisé prôné par des groupes défendant des idéologies différentes

-3- Terrorisme d'état quand les actions sont organisées ou planifiées par l’Etat ou tolérées par lui

-4- Cyberterrorisme L’influence de plus en plus grande des réseaux informatiques dans l’activités des populations et des états ou leur dégradations par des cyber attaques

-5- Terrorisme économique contrairement à la guerre économique, il est mené par des entités transnationales ou non gouvernementales ( des actes massifs de déstabilisation pour désorganiser l’économie et les finances d’un Etat

-6- Terrorisme politique Attentats du GIA en Algérie, Attentats et assassinat du Cheikh Ahmed Yassine en Palestine et les attentats des brigades rouges et Actions Directes en Italie et en France -7- Terrorisme à composante confessionnelle Attentats en 2005 à Bali, Attentats de Casablanca en Mai 2003 et Attaque au Gaz sarin dans le metro de Tokyo par la secte Bouddhiste AUM SHINRIKYO en 1995, et au liban.

-8- Terrorisme séparatiste ou d'indépendance Attentats des Tigres Tamoul au Sri lanka, Attentats et assassinats de l’ ETA en Espagne et les attentats suicides des palestiniens en Israël depuis les accords d’Oslo
.

-9- Terrorisme criminel ou maffieux, Attentats en Colombie par le Cartel de Medellin ou le cartel de Cali, attentats mafieux en Italie contre les juges, plusieurs attentats en Russie liés à la Mafia depuis 1990.

D’autres notions du terrorisme vont voir le jour et déclencher des guerres par exemple :

La guerre contre le terrorisme ou guerre contre la terreur War on terrorism,War on terror,Global war on terror (GWOT). Cette notion utilisée par Reagan refait surface à la présidence de Bill Clinton confrontée à la montée du terrorisme international sous forme de recommandations en Juin 2000.

L'organisation de coopération de Shanghai OCS regroupant la Russie, la Chine et les nations d'Asie centrale déclare la guerre contre les trois forces du mal (terrorisme, séparatisme, extrémisme) convention conclu le 15 juin 2001 à Shanghai

Les attentats du 11 septembre vont bouleverser chez les journalistes et les différents medias la notion de terrorisme. De cette confusion généralisée naîtra l’amalgame entre les notions arabes et musulmans, islam et islamisme et Islam et terrorisme.

Je rappelle à tout le monde que sur 1 milliard 500 000 musulmans, il n’y a pas que des arabes. Et que sur les 500 Millions d’arabes dans le monde, il y a 10% qui sont des arabes Chrétiens.

L’Islam est une religion universelle qui malgré ses schismes a connu des périodes de grandeurs et de déclin de l’Indonésie à la Mauritanie. La grande majorité des musulmans exerce leur foi dans le respect des valeurs de tolérance et de paix édictée par leur religion. La notion d’Islamisme est apparu au 19 siècle par analogie au judaïsme et christianisme .

A partir de 1979 depuis la victoire de Khoumeiny en Iran, l’islamisme désigne l’islam politique ou radical dont les partisans sont les islamistes (Islamiyounes) qui se distinguent de l’immense majorité de musulmans. les islamistes (Islamiyounes) utilisent la religion pour tenter de s’emparer du pouvoir ; certains de leurs mouvements le font pacifiquement en exerçant des pressions sur les régimes en place, d’autres recourent à la violence voir au terrorisme, exemple la Gamaa Islamya en Egypte GIE et le groupe islamique armé en Algérie GIA
.

A partir du 11 septembre, les USA dans leur guerre contre le terrorisme ont imposé différentes actions policières politiques et militaires appuyées par les différents alliés dont l’OTAN contre différentes organisations liées au terrorisme islamiste dont Al Qaida.

Ce concept débouche sur la notion de guerre préventive contre les états soupçonnés d’abriter des groupes terroristes et/ou susceptibles de leur fournir des « armes de destruction massive », faux prétexte de l’invasion de l’Irak en 2003 qui s’est juxtaposé à la guerre d’Afghanistan entamée dés le 11 septembre 2001.

Cette guerre a radicalisé les mouvements islamistes dans le monde favorisé leur redéploiement dans différentes régions du monde jusqu’ici épargnées.

Aujourd’hui le sahel est confronté à la menace de l’AQMI dont l(idéologie est Islamiste et les objectifs la révolution islamique dans les pays du Maghreb et du Sahel ( Algérie, Mali, Niger, Mauritanie et Maroc.

L’AQMI est une organisation islamique armée d’origine algérienne Cette organisation a changé de nom en 2007 elle s’appelait auparavant le Groupe Salafiste pour la Prédication et le combat GSPC. Ce changement aurait obtenu l’approbation de Oussama Ben Laden, elle est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des USA, de l’Australie et de la Russie.

Considéré par l’ONU comme proche de Al Qaida et à ce titre sanctionnée par le conseil de sécurité des Nations Unies. Si les racines du groupe se trouvent en Algérie, la zone d’opération s’est étendue et correspond aujourd’hui à la région désertique du Sahel qui s’étend des régions semi arides du Sénégal jusqu’à certaines parties de la Mauritanie du Mali et du Niger.

Statut : Actif,

Fondation : Date de formation 2007 par Abdel Malek Drougdal originaire d’Algérie. Actions : Mode opératoire : Attentats suicides Guêtapens enlèvements etc… Victimes des blessés et des morts, Zones d’opérations : Maghreb et Sahel, Période d’activités : de 2007 jusqu’à aujourd’hui.

Si Aujourd’hui la Mauritanie est placée au cœur de la lutte contre l’AQMI s’est parce que cette dernière a tué des soldats mauritaniens à Lmgueiti, El GHALAOUIA, à Tourine. Elle a enlevé des otages aux environs de Nouakchott et dans le HODH El Gharbi, elle a tué des ressortissants étrangers au cœur de la Mauritanie et déclenché des attentats à Nouakchott et Néma.

A ce titre, le Président de la République se devait, en tant garant de l’intégrité du pays, de sa stabilité et de la sécurité du citoyen, de réagir par des actions préventives destinées à endiguer ces attaques meurtrières contre nos populations. Actions que nos vaillantes forces ont accompli avec succès (Lemzarab et Hassi Sidi).

Toutefois, il faut s’abstenir de crier victoire, l’heure est à la vigilance et à la mobilisation. C’est aussi l’occasion d’affirmer que la lutte contre le terrorisme est l’affaire de la classe politique, de la société civile, des populations, à ce titre leur soutien actif à l’action du chef de l’Etat, de son gouvernement et à nos forces armées et de sécurité dans la lutte contre l’extrémisme violent, est indispensable.

L’AQMI qui en juillet 2010 comprenait entre 400 et 500 membres articulés en 2 Katibas, celle de Abou Zied et celle de Moctar Bel Moctar Cette organisation a contracté une série d’accord avec des réseaux de trafic divers, pour se renforcer par l’achat d’armement et d’équipements divers. Pour justifier leur comportement, une Fatwa l’autorise à composer avec les trafiquants de drogue ainsi que les réseaux d’immigration clandestine. La Mauritanie cible privilégiée étant entendu que notre pays a octroyé plusieurs permis de recherches aux sociétés américaines, européennes et asiatiques dont le personnel se trouve du coup considéré comme otages potentiels constituant la manne financière de l’AQMI.

Considérant l’ampleur de ces trois risques (Trafics de drogue, Immigration clandestine et menaces contre les étrangers opérant dans le cadre des différents permis), la Mauritanie se trouve entraînée malgré elle dans la lutte contre l’AQMI.. C’est pourquoi, je considère qu’il est injuste de clamer à l’intérieur et à l’extérieur que le Chef de l’Etat mène une guerre par procuration à la place de la France. Dans cette lutte, la Coopération régionale (Accord de Tamanrasset), et internationale (France Usa et Espagne) suppose que la Mauritanie travaille en partenariat avec les uns et les autres. Aussi aux grands maux les grands remèdes. C’est dans cette optique que je propose, modestement quelques pistes étant entendu que la lutte contre le terrorisme doit se faire à plusieurs niveaux. :

- Au niveau politique, il faut renforcer le front national intérieur par l’implication de tous les acteurs politiques, de la société civile voir même des populations.

- Sur le plan économique : favoriser la création d’emploi, la lutte contre la pauvreté, généraliser la lutte contre la corruption et la gabegie qui doit être perçue par l’ensemble des citoyens comme étant une lutte équitable.

- Sur le plan Sociale renforcer les instruments de lutte contre les séquelles de l’esclavage, améliorer le train de vie des populations des adwabas et renforcer leurs activités agropastorales. Renforcer les syndicats pour leur permettre d’assurer pleinement leur rôle face au patronat peu soucieux des intérêts de cette classe. Consolider l’accord de Kaédi du 25/03/2009 relatif à la réconciliation nationale.

Ces trois points à savoir lutte contre la pauvreté, lutte contre les séquelles de l’esclavage et lutte pour la consolidation de l’accord de Kaédi constituent le socle qui empêchera tout recrutement des candidats éventuels aux attentats suicides.

- Au plan religieux, Les Oulémas, prêcheurs et autres noms des différentes confréries religieuses et mouvements d’obédience islamique doivent s’investir dans l’enseignement des valeurs de notre religion et leur condamnation des attentats suicides doit être sans équivoque, publique à travers la presse et les medias publics et privés, nationaux et internationaux.



- Sur le plan sécuritaire, tout en nous félicitant du professionnalisme, du courage et du niveau d’opérationnalité de nos forces armées et de sécurité, nous pensons que leur réorganisation s’impose compte tenu de l’ennemi actuel et du combat dans la sous- région contre l’extrémisme violent. Cette réorganisation suppose l’amélioration des conditions de vie de nos hommes qui doivent avoir un moral supérieur ou au moins égal à celui de l’AQMI.

- Sur le plan de la coopération celle-ci est constituée de deux volets : Coopération régionale ; les accords Tamanrasset doivent être consolidés pour permettre une meilleure efficacité.

Coopération internationale : La ligue arabe, l’Union Africaine, la Conférence Islamique et l’ONU doivent exprimer une condamnation ferme de l’extrémisme violent dans le Sahel.

L’ensemble de ces propositions ne constitue quelques idées parmi tant d’autres dans la recherche de solutions aux menaces que fait peser le terrorisme sur les pays du sahel.

Elles auront l’avantage d’ouvrir un débat qui va déboucher sur une réelle prise de conscience de la gravité de la menace.

En conclusion, je lance un appel au Président de la République Mohamed Ould Abdelaziz commandant en Chef des Forces Armées, pour l’implication de certaines compétences connues et avérées parmi les retraités de nos forces armées et de sécurité dans l’élaboration et le suivi de la stratégie de lutte contre l’AQMI. Le Collectif des anciens et retraités des Forces Armées et de Sécurité que je préside apporte son soutien au Président de la République, à son gouvernement et à nos forces armées et de sécurité

Capitaine Breyka M’Bareck Varaji Boutimitt, Ancien membre du Comité Militaire de Salut National Président du Collectif des Anciens et Retraités des Forces Armées et de Sécurité (COF)



Capitaine Breyka M’Bareck

COMMUNIQUE



A l’Occasion du Cinquantenaire de l’Indépendance Nationale, le Collectif des Anciens et Retraités des Forces Armées et de Sécurité félicite l’ensemble du Peuple Mauritanien pour les réalisations accomplies et plus particulièrement pour le nouvel espoir né du sursaut national suscité par le Président Mohamed Ould Abdel AZIZ, ce patriote sincère qui a su donner un nouveau départ à l’œuvre de Reconstruction Nationale.

Le COF saisit cette occasion pour réaffirmer son adhésion complète et entière à cette nouvelle dynamique.

Exprime sa grande satisfaction pour les actes forts décidés par le Président de la République Mohamed Ould Abdelaziz en direction des hommes et des femmes de la résistance mauritanienne.
Se félicite des réalisations grandioses en matière d’infrastructure de base, de lutte contre la pauvreté et la gabegie et de la sécurité des biens et des personnes.
Apporte son soutien à la lutte contre les séquelles de l’esclavage et souhaite que la sensibilisation relative à cette question soit confiée à la Commission nationale des Droits de l’Homme.

Encourage le Président de la République dans les efforts entrepris pour consolider l’unité nationale à travers l’accord de réconciliation nationale de Kaédi ainsi que l’appel au dialogue avec l’opposition.



Le Collectif des Anciens et retraités des forces armées et de sécurité COF souhaite que le gouvernement accorde une attention particulière aux problèmes auxquels ils sont confrontés.
Il demande, également, à l’Etat Major National d’éviter toute ingérence partisane dans l’élection du bureau de l’Association des Forces Armées.


MOHAMED OULD ABDI
Capitaine à la retraite, Vice- Président de la Commission d’Organisation du COF


الموضوع: نقطة رأي حول العبودي


       إن الحرية والعدل والمساواة قيم رفيعة وأهداف نبيلة قدمها البعض طواعية، وكرست لها حركات (الوومنWemens - ) المعروفة وشعوب أخرى جهودا كبيرة، محققين بذلك المكاسب والأهداف المرجوة والمقصودة.
ومعلوم بأنه  على الذي يناضل من أجل حقوق الإنسان ويدافع عن الشرعية، الابتعاد عن الإنية، مراعيا حق العدل والمساواة بين الجميع حتى اتجاه الذين كانوا يما نعونه في ذلك.
  وعلى غرار ما سلف، فإن واقع العبودية المر في العالم هو واقع يؤسف له، ولقد وقع نتيجة استغلال الإنسان لأخيه الإنسان، الناجم عن رداءة الأزمنة، وعدم الاستقرار الأمني، بين فئات السكان المتعايشة حتى ولو كانت من بطون واحدة.
ولأنه غداة (30) ثلاثين سنة مضت، وتحديدا ابتداء من مارس 1978، كانت ولا تزال قضية العبودية موضوع الساعة والساحة  في وطننا العزيز موريتانيا.
ولأن القضية شائكة وحساسة، كان من الصعب الولوج فيها أياما مضت، خصوصا وأن الدولة في بداية تأسيسها والوعي الجماهيري كان معدوما.
    وهنا يذكر فيشكر، أهمية بروز وعي جماهيري تحقق بفضل شروع بعض التوجهات النضالية  في مكافحة الرق ومخلفات العبودية، وهو بالفعل عمل واكبته انتصارات محققة، جاءت  بفضل النضالات المستميتة التي دأب أصحاب هذا التوجه على مواصلتها قدما رغم الصعاب حتى يتحقق الهدف المنشود.
وهذا ما ركزت عليه أساسا، أبناء شريحة لحراطين ومناصريهم التحرريين من أبناء جلدتهم (البيظان) وخيرين آخرين من أبناء وطنهم موريتانيا.
    وهنا يجب التذكير أيضا بالأدوار القيمة التي قد قامت بـها جميع الحكومات المتعاقبة  ومثمنا عبر ذلك الدور الإرادة الصادقة، وحيث كانت عن آخرها بنية صادقة سواء ما اتسم منها بالايجابية أو ما أضفت عليه السلبية.
والفت الانتباه: بأن القول المتكرر بوجوب   محاكمة الأنظمة، ما هو إلا ديماغوجية قاصرة النظرة، أريد بـها لفت الانتباه والأنظار والتفكير من أجل كسب معارضة للحكومات.
     وعليه فإن فترتين هامتين من الفترات الوطنية، هما أبرز ما عاشتهما البلاد في ظل الأنظمة، وقد حدثت فيهما خطوات إيجابية، كل منهما تهدف لحل مشكل العبودية الناجم عن بعض التعقيدات في العلاقات بين جميع شرائح المجتمع الوطني.
<span>الفترة الأولي:</span>
     وهي عندما اتخذ الرئيس الأسبق السيد/ محمد خونه ولد هيداله، القانون المشهور رقم:224/81 بتاريخ: 09 / نوفمبر / 1981م  المتعلق بالغاء الرق في موريتانيا، ذلك القانون الذي لم ينقصه إلا وجود المرسوم التطبيقي الذي تعذر تجسيده بسبب قلب نظام الحكم آنذاك بحكم آخر جديد جراء عملية انقلاب، وللإشارة فإن نظام الحكم الذي تولى من بعده المهام لم يكن نصب عينيه في الأولويات إصدار وتنفيذ المرسوم المذكور .
هذا ومن المعلوم جدا بأن فترة الرئيس هيداله شهدت نوعا من تفعيل القانون واحترامه، لأن المرسوم المتعلق بقانون إلغاء الرق كان سيجرى إصداره وتطبيقه تماما لولا أن تعذر ذلك بسبب الحدث المذكور.
<span>الفترة الثانية: </span>
  وهي الفترة الجارية للسيد/ الرئيس محمد ولد عبد العزيز، والذي أعاد الاعتبار بشجاعته المحكمة قرار اتخاذ الإجراءات المطلوبة والكفيلة في ذلك الملف والذي استؤنف العمل فيه بعد غياب عن الوجود دام ثلاثين سنة، أي منذ غياب العهد الهيدالي.
 ولا شك أن السيد/ الرئيس محمد ولد عبد العزيز، كان ولا يزال رجلا مقداما، حيث بدأ أول ما بدأ في مرحلته الأولى باجراء زيارات ميدانية في مناطق آدوابه المعنية الأولي بملف العبودية وذلك على مستوى مثلث الفقر، ومناطق إيفطوطن وشمامه وعلى مستوى لحداده حتى شملت زياراته وبالتحديد كل تواجدات شريحة لحراطين تقريبا وغيرهم من مكونات الشعب الموريتاني، حيث أدرك السيد الرئيس محمد ولد عبد العزيز بأن المسألة ذات بعدين، الأول: واقع حرطاني كخصوصية والثاني البعد المواطني للحرطان.
   وجراء تلك الزيارات الميدانية، تفهم المعنيون من شريحة لحراطين بأن هناك أمل صعد على أفق جديد، قد برز بنور أضاء بجلاء كل الحقائق، وهو بهدف خلاص نهائي من مخلفات الرق وآثار العبودية والتي عتمت عليها ظلمات كثيرة عبر الزمن.
ويواصل السيد/ الرئيس محمد ولد عبد العزيز وبشجاعته مرة أخرى، فتح الباب واسعا أمام شريحة لحراطين بغية إدماج عناصرها المثقفة في مختلف الوظائف العامة والسيادية في الدولة، كما ضمهم على مستوى حزبه وأسند إليهم أهم مسؤولية في الحزب ومثال ذلك النائب الأول في حزبه.
    وللإشارة فقط فإنه على مستوى مؤسسة الحكومة، قد احتلت هذه الشريحة الأهمية الكبرى بالنسبة له وذلك بتوليها منصبين هامين هما: وزارة العدل، ووزارة الداخلية، وهاتان الوزارتان وزارتي سيادة، ولأول مرة تسند مهمة تسييرهما إلى أفراد من هذه الشريحة.
   وهنا لا يخلوا على أي ذهن، أن الداخلية هي الأس الأساس في الإدارة...وهنا أسندت مهمتها إلى رجل من هذه الشريحة له كفاءة وخبرة طويلة في المجال الإداري وله فهم واسع بأن قضية شريحة لحراطين، أمر لا يتعلق بروح الفتنة بينهم وعنصرهم الذاتي البيظان، لأنه لا يوجد بين شريحة لحرطين وعنصرها البيظان أي فارق ثقافي يذكر.
    وعليه فإن الرجل الذي تولى مسؤولية الداخلية، هو المسؤول الأمثل في بلورة كل الحلول المناسبة...وحيث كان من اللازم أن تهلل بذلك كل شريحة لحراطين وتفرح بالحدث الهام، أي تولي أحد منها هذه المهمة، كاعتراف فقط بخطوة إيجابية حدثت بالنسبة لهذه الفئة من المجتمع، أسندها رئيس الجمهورية لشخص منها يعنى بمسؤوليات مهمة معنية بها الشريحة في المقام الأول، وهذا الموقف اتجاه رئيس الجمهورية لا يعني مناصرة له في الصف السياسي بقدر ما هو اعتراف فقط بالجميل.
   وهنا كان من اللازم أيضا على جميع عناصر شريحة لحراطين اتخاذ موقف ومناصرة ودعم لمعالي وزير الداخلية، وليس ذلك على أساس كونه من شريحة لحراطين فقط، بل لأنه رجل مناسب لكل الموريتانيين، ولطالما انتظرت مؤسسة الداخلية شخصا كفؤا في مواصفاته، لأنه المسؤول المناسب في المكان المناسب... وهو أيضا شخص يعنى تماما بمشكل لحراطين وابعاده المطروحة برمتها والطرق السليمة والكفيلة بحله، وديا وقانونيا وأخلا قيا.
    وعلى هذا الأساس، فإن قضية العبيد لا يجوز أن ترهن أو تربط بالسياسة أو ما شاكلها بقدر ما يجب أن تكون قضية في جانب الحق لا غير.
      لأن الحر عند تأسيسه في مارس 1981م، لم يكن إلا حركة اجتماعية ذات بعد وطابع حقوقي وإنساني.
   أما بالنسبة لي شخصيا ...فإنني ألفت انتباه هذه الشريحة بأنه حان الأوان من أجل تقويم المراحل التي عايشتها هذه الشريحة، وما وصلت إليه حركة الحر بعد ثلاثين سنة من العمل المتواصل، وكذا معرفة الدور الذي لعبه كل أشخاص هذه الشريحة، سواء كانوا أطرا أو مثقفين أو طلابا أو قاعديين حتى يتسني إعطاء كل ذي دور أهميته، ومشير أيضا إلى أنني أحترم الرأي لأصحابه في الشريحة، كما أشكرهم جدا على الدور والتضحيات التي قدموها.
   وذلك بحجة أننا نحن شريحة لحراطين إذا لم نعترف بالمساهمات والأدوار والجهود الحثيثة التي لعبها منحدرو هذه الشريحة، فإننا  لا نستطيع طلب الآخرين مناصرتنا في الحقوق.
    وهنا يتجلى للمهتمين بأنه لا وجود إطلاقا  لمجابـهة بين فصيلة البيظان المكونة من طبقات وعناصر مختلة، ليست شريحة لحراطين إلا من أهم مكوناتها، بقد ر ما تندرج الأمور أساسا في المطالبة بالحق لا غير، والتوقف نهائيا عند حد الحصول عليه.
   وللإشارة أيضا فإن أطرا بارزة وشخصيات طيبة من مجتمع البظان ومواطنين آخرين من الوطن الموريتاني الكبير قد ساهموا بأدوار محكمة ونضالية بغية حل مشكل العبودية، ولا يزالون على محك الدرب يواصلون.
    كما أذكر الشعب الموريتاني جميعا، بأن موريتانيا: ليست بلاد" جزر سيندومينك"(هايتي) ولا هي منطقة جنوب افريقيا ولا تأخذ صفة أي شكل من أشكال هذه الدول في بقية العالم.
لأنه وباختصار ، فموريتانيا دولة إسلامية عن آخرها، والإسلام دين عدل ومساواة وحرية، والفضل في الإسلام بالتقي، هذا هو الإسلام من غير تقول ولا دعاية.
و من المعلوم جدا، أن الإسلام   وجد أمامه الممارسات الشنيعة القائمة في العبودية، تمارسها شعوبا متخلفة وجاهلة بدليل قوله تعالى{ هو الذي بعث في الأميين رسولا منهم...}صدق الله العظيم.
   وما نشده الإسلام هو التخلي عن العبودية وممارستها وفتح السبل الكفيلة بامتصاصها، والدعوة إلى العدل والمساواة بغض النظر عن اللون أو اللسان أو القامة، حتى لم يقبل الإسلام بلون من ألوان العبودية كما في الحديث( لا فضل لعربي على أعجمي إلا بالتقوى )أو كما قال عمر ابن الخطاب: متى استعبدتم الناس وقد ولدتهم أمهاتهم أحارارا.
   فما تبقى هو ارتكاب الخطأ بين الشعوب، ومجتمع البظان ليس بمنعزل عن بقية الشعوب في حياتهم ولكنه منبع ومنهل إسلام، ويقبل بالتخلي عن الخطأ والتوبة إلى الرب وهذا مراد الجميع.
    وفي هذا الإطار تذكر القصص في موريتانيا: أن أفرادا من شريحة "لحراطين" قد تبوءوا المكانة المرموقة في مجتمع البيظان وتزعموا الحروب والقبائل، وأبلوا بلاء حسنا لا زال ذكره  يتكرر .
كما أنهم في عهد الدولة الحديثة تولوا المناصب والمسؤوليات الرفيعة... العسكرية والسياسية والإدارية، وتقلدوا مديريات أكبر الشركات في البلد.
ولعل الاشكالية هنا أو الخطأ يعودان أساسا إلى نحن شريحة "لحراطين" من حيث أنه إذا تقلد البعض منا المناصب، يتناسى هموم الشريحة وتبقى مهمة هؤلاء المسؤولين، هي تلويهم المسؤوليات  فقط.
    وهنا يجب أن تحدث استراتيجية جديدة ذات أبعاد حقيقية على مستوانا نحن "شريحة لحراطين" تأخذ في الصميم، البعد والعمق بأننا شريحة ضمن مجتمع "البيظان" جذورنا وأصولنا واحدة، وعاداتنا وتقاليدنا واحدة، ومصادرنا الذاتية واحدة من حيث الثقافة والهوية والدين والتاريخ المشترك، وهذا دليله أن نسيجنا عبر الحقب يصب في بوتقة واحدة.
وهنا فإن للمنظمات الغير حكومية دور لا يستهان به كباقي المجتمع المدني الآخر،  ولكن عليها أن تتحاشى كلما يجر إلى التطرف، وفي نفس الوقت فإن على الطرف الثاني المعاند لذات الهدف أن يقبل بمعطيات العصرية وليعلم بأن الوقت قد حان، ومصلحة الوطن فوق كل اعتبار.
وهنا فإني أرفع تعازي القلبية الصادقة إلى أسرة الراحل بواخريص ولد احمد تغمده الله برحمته الواسعة وأسكنه فسيح جناته، وهو العضو المؤسس لحركة الحر، الذي كرس حياته خدمة للدفاع عن حقوق شريحة لحراطين ومحافظا تماما على وحدة الوطن بالتعامل مع العقليات، كما أعزى فيه جميع شريحة لحراطين وكل الوطن الموريتاني... وهنا أطلب من جميع الفاعلين في حقوق الإنسان تقديم تعازيهم لأسرة الفقيد إذا لم يكونوا قد فعلوا .
   وإن الحل المرضي الذي هو حل مشكلنا يجب أن يراعي في الأساس تفعيل أحقية المواطنة، لأن "لحراطين" عن آخرهم ليسوا إلا مواطنين كباقي أفراد الشعب الموريتاني لهم ما لهم وعليهم ما عليهم.


النقيب أبريكه ولد امبارك
نقيب ابريكه ولد امبارك                               29/09/2009  §       عضو السابق في اللجنة العسكرية للخلاص الوطني
§       رئيس الشبكة الإفريقية للتنمية الانسانية المستديمة
§       رئيس تنظيم ما يعرف وطنيا ب "الرأي الوطني"

mercredi 17 novembre 2010

Un entretien avec Breyka M’Bareck Varaji Boutimitt réalisé par Mohamed Dogui

Un entretien avec Breyka M’Bareck Varaji Boutimitt réalisé par Mohamed Dogui


Un entretien avec Breyka M’Bareck Varaji Boutimitt réalisé par  Mohamed Dogui
Ancien membre du Comité Militaire de Salut National et Président du Collectif des Anciens et Retraités des Forces Armées et de Sécurité (COF)

Originaire de l’extrémité sud de la façade nord-ouest de l’ensemble mauritanien, le capitaine Breyka Oul M’Bareck constitue une référence de cette élite militaire mauritanienne qui sait manier habilement les armes, le discours politique et l’engagement social, Formé dans l’école militaire de Cöetquidan/ Saint Cyr en France, ayant ensuite passé son application à l’école d’application des armes de combat EAAC en Algérie d’où il est sorti major de la promotion de l’artillerie Sol-Sol, avec les félicitations de l’ancien Président de la République Feu Houari Boumedienne à Batna.

C’est ainsi que durant la guerre du Sahara l’homme s’est forgé, une réputation de fin stratège capable de mettre en déroute l’ennemi au premier contact, ce qui lui valu deux citations de guerre. Il est ainsi considéré, de l’avis général, comme l’un des plus valeureux officiers de notre armée.

Après l’arrivée au pouvoir des forces armées, le 10/07/1978, et en dépit du rôle prépondérant qu’il assuma dans cette prise de pouvoir, il en fut injustement écarté. Il fallut attendre l’arrivée du CMSN sous l’impulsion du Lieutenant Colonel Mohamed Khouna Ould Haidalla pour que justice lui soit rendue.

A partir de ce moment, on lui confiera la formation des cadres subalternes de l’armée nationale au Centre d’instruction de l’armée nationale de Rosso. Ensuite il assuma successivement les responsabilités de Commandant Adjoint OPS 1ere Région militaire de Nouadhibou, Commandant du groupement autonome Blindé GABAN à F’Dérick, Commandant de la 2eme région militaire de F’Dérick, Commandant de la 5 eme Région militaire Néma et enfin Commandant de la 6 eme région militaire Nouakchott. A partir de ce moment, on lui confia la Direction régionale des structures d’éducation des masses à Nouakchott. Malgré les tentatives de certains intellectuels et hommes politique de ramener le concept des SEM à une simple structure d’embrigadement des populations, notre homme a su, par ces capacités politiques et organisationnelles, d’en faire un instrument dédié à la gestion des affaires de la citée par les populations elles même et leur préparation à l’exercice effectif de la démocratie. Parmi les illustres personnalités qui ont profité de cette expérience figure l’historien et politologue Feu Saidou Kane, Feu Haji Ould Sidina, le Professeur Cheikh Saad Bouh Camara, l’ancien ministre Islmou Ould Mohamed, le journaliste Mohamed Ould Babeta, professeur Dié Bâ, feu Sidi Mohamed Ould Abass, le maire de Kaédi Sow Moussa dit Tioumbé, le professeur Mohamed Ould Heimer etc.

Ces hommes et ces femmes et beaucoup d’autres qui n’ont pu être cités ont su par leur engagement transformer ces structures d’éducation des masses, en outil efficace pour l’éducation, l’alphabétisation, la préservation de l’environnement, l’amélioration de la cohabitation entre les populations en les préparant à assumer leur rôle de citoyens. Mais le plus frappant dans le parcours de l’Homme est qu’il est le seul mauritanien à avoir été cité dans une prêche de Feu Bouddah Ould Bousseiri, qui le félicitait pour son courage et son patriotisme.

La constance de son engagement politique l’amènera naturellement à soutenir le mouvement rectificatif du 8 août 2008 à travers la mobilisation de ses différents réseaux qui lui sont restés fidèles envers et contre toutes les pesanteurs. Son combat pour les droits de l’homme lui vaudra d’être élu parmi les membres de la commission des Droits de l’Homme. Réagissant au sort des retraités de nos forces armées et de sécurité qui vivent une situation économique et sociale très difficile, il créa un puissant collectif (COF) destiné à améliorer leur situation financière, faciliter la reinsertion de ceux qui sont aptes dans différentes filières, poser le problème de ceux qui ont quitté les forces armées et qui ne bénéficient pas de pensions pour différentes raisons et enfin les organiser à pouvoir servir si besoin en était à la défense de l’intégrité du pays. Enfin, notre homme en fin stratège produit des analyses et des réflexions sur la situation du pays face à la nouvelle menace que constitue le terrorisme et l’extrémisme violent. A cet effet, il a publié, à la veille du débat national sur le terrorisme et l’extrémisme, un document intitulé « Les raisons qui justifient le droit pour notre pays de se défendre contre l’extrémisme violent », un document qui constitue, à mon humble avis, une référence dans la définition du risque et des moyens nécessaires pour y faire face.

Mohamed Dogui

Entretien Breyka M’Bareck Varaji Boutimitt par Mohamed Dogui


Entretien Breyka M’Bareck Varaji Boutimitt par Mohamed Dogui
Avant de rentrer dans le vif du sujet, nous souhaitons que vous nous parliez de vos rapports avec l’armée et votre situation personnelle depuis votre départ de cette institution, où en êtes vous aujourd’hui ?

Breyka M’Bareck : Mes rapports avec l’armée sont très forts et empreints de sentiments de respect et d’estime pour sa mission, ô combien noble. Toutefois, cette grande institution a souffert de purges successives qui ont entraîné la mise à la retraite d’office de plusieurs officiers, sous officiers et hommes de troupes. C’est ainsi que le climat social et politique du pays est depuis plusieurs années, miné par la situation dramatique de ses hommes. S’il n’y avait pas cette fibre patriotique, on aurait pu assister à des adhésions massives dans le cercle des sympathisants du terrorisme et de l’extrémisme. Cette situation inédite, m’a privé, comme tant d’autres, de mon droit élémentaire à la pension depuis 1984. Pour ma part depuis l’arrivée au pouvoir du Président Mohamed Ould Abdelaziz, j’ai perçu une réelle volonté d’étudier tous ces cas et de leur trouver une solution. L’accord conclu avec les veuves et les orphelins des militaires mauritaniens est un pas important qui nous conforte dans nos espoirs de voir un règlement global de ces questions.

La lutte contre le terrorisme suscite un grand débat au niveau national, pouvez-vous nous donner votre appréciation sur le sujet ?

Breyka M’Bareck : Si Aujourd’hui la Mauritanie est placée au cœur de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent c’est parce que : Elle a subi des attaques qui ont fait des victimes parmi les soldats mauritaniens à Lmgueiti, El GHALAOUIA, à Tourine. Elle a essuyé l’enlèvement d’otages aux environs de Nouakchott et dans le HODH El Gharbi, Elle s’est réveillée sur l’assassinat de ressortissants étrangers au cœur de la Mauritanie et Subi de plein fouet les attentats à Nouakchott et Néma. S’ajoute à cela, d’autres éléments non moins importants si l’on sait que les terroristes utilisent le sahel pour constituer leur auto financement à partir du Trafic de drogue, de l’Immigration clandestine et des menaces contre les étrangers opérant dans le cadre de la recherche minière. C’est pourquoi, je considère que les accusations proférées par une partie de la classe politique mauritanienne contre le Chef de l’Etat, de mener une guerre par procuration sont injustifiées. Dans cette lutte, la Coopération régionale (Accord de Tamanrasset), et internationale (France Usa et Espagne) supposent que la Mauritanie travaille en partenariat avec les uns et les autres. Aussi aux grands maux les grands remèdes. C’est dans cette optique que je propose, modestement quelques pistes étant entendu que la lutte contre le terrorisme doit se faire à plusieurs niveaux. : - Au niveau politique, il faut renforcer le front national intérieur par l’implication de tous les acteurs politiques, de la société civile voire même des populations. - Sur le plan économique : favoriser la création d’emploi, la lutte contre la pauvreté, généraliser la lutte contre la corruption et la gabegie qui doit être perçue par l’ensemble des citoyens comme étant une lutte équitable. - Sur le plan Social renforcer les instruments de lutte contre les séquelles de l’esclavage, améliorer le train de vie des populations des adwabas et renforcer leurs activités agropastorales. Renforcer les syndicats pour leur permettre d’assurer pleinement leur rôle face au patronat peu soucieux des intérêts de cette classe. Consolider l’accord de Kaédi du 25/03/2009 relatif à la réconciliation nationale. Ces trois points à savoir lutte contre la pauvreté, lutte contre les séquelles de l’esclavage et lutte pour la consolidation de l’accord de Kaédi constituent le socle qui empêchera tout recrutement des candidats éventuels aux attentats suicides. - Au plan religieux, Les Oulémas, prêcheurs et autres noms des différentes confréries religieuses et mouvements d’obédience islamique doivent s’investir dans l’enseignement des valeurs de notre religion et leur condamnation des attentats suicides doit être sans équivoque, publique à travers la presse et les medias publics et privés, nationaux et internationaux. - Sur le plan sécuritaire, tout en me félicitant du professionnalisme, du courage et du niveau d’opérationnalité de nos forces armées et de sécurité, je pense que leur réorganisation s’impose compte tenu de la configuration de l’ennemi actuel et de la permanence du combat dans la sous- région contre l’extrémisme violent. Cette réorganisation suppose l’amélioration des conditions de vie de nos hommes qui doivent avoir un moral supérieur ou au moins égal à celui des terroristes. - Sur le plan de la coopération celle-ci est constituée de deux volets : Coopération régionale ; les accords Tamanrasset doivent être consolidés pour permettre une meilleure efficacité. Coopération internationale : La ligue arabe, l’Union Africaine, la Conférence Islamique et l’ONU doivent exprimer une condamnation ferme de l’extrémisme violent dans le Sahel.

Pensez-vous que le gouvernement tiendra ses promesses quant au règlement du passif humanitaire, si oui comment expliquer ce retard ?

Breyka M’Bareck : Oui, je suis persuadé que le Président ira jusqu’au bout pour ce qui du règlement du passif humanitaire. Et malgré les pesanteurs, il interviendra à chaque fois que la nécessité se fera sentir, il interviendra pour donner des instructions aux services concernés pour l’amélioration de la concertation avec les populations concernées et les associations des droits de l’Homme. A mon avis pour contourner le blocage, je propose au Président de la République, de nommer une personnalité chargée du suivi du règlement du passif humanitaire, à l’instar de ce qui se passe dans tous les pays.

L’opération de réorganisation des zones périphériques de Nouakchott suscite différentes réactions de soulagement pour certains, d’injustice pour d’autres, qu’en pensez-vous ?

Breyka M’Bareck: Cette opération était devenue impérative à cause du grand désordre causé par l’occupation illégale de ces zones.Cependant je crois que les commissions auxquelles le travail a été confié ont manqué de transparence et de partialité. Malheureusement on peut affirmer que la corruption et l’interventionnisme ont privé les populations. Installées depuis plusieurs décennies, de bénéficier d’une régularisation des terrains qu’elles occupaient. A mon avis, Il serait souhaitable de repasser au peigne fin le travail de ces commissions pour gérer le mécontentement provoqué par ces cas d’injustice et y remédier rapidement.

La plainte pour crimes contre l’humanité introduite par l’AVOMM devant la justice belge a atteint des stades avancés par l’audition des victimes, que pensez-vous de cette démarche ?

Breyka M’Bareck : Cette démarche juste est nécessaire et elle permettra aux mauritaniens de clore un chapitre douloureux et regrettable de leur histoire. En outre, elle s’inscrit dans la démarche de l’accord de réconciliation national de Kaédi. Ainsi notre pays prendra un nouveau départ.

Vous soulevez souvent les problèmes des anciens et retraités des forces armées, pouvez-vous nous préciser la nature de ces problèmes ?

Breyka M’Bareck: Il s’agit d’une composante importante de la population mauritanienne ;elle marginalisée par les siens malheureusement ,par toutes les autorités alors qu’autour de nous et dans le monde le retraité en général et celui des forces armées et de sécurité en particulier est bien respecté et tous ses problèmes font l’objet d’une attention particulière. Depuis plusieurs années des instructions on ne peut plus claires ont été données pour accorder la priorité à cette catégorie de la population dans tous les recrutements, hélas personne ne les applique. Une fois recrutée le retraité bénéficie d’un salaire modique, il ne bénéficie pas de droit de congé, ni de soins. Le comble est que cette pratique est appliquée par toutes les sociétés de gardiennage, même celles dirigées par d’anciens militaires. Cela s’appelle du vol. Le collectif que je veux mettre sur place, travaillera à mettre tout en œuvre pour améliorer cette situation

Selon vous quelle sera l’issue du dialogue opposition pouvoir ?

Breyka M’Bareck: Je pense que les « accords de Dakar »ont permis la tenue d’élections crédibles, transparentes et consensuelles. Actuellement la concertation doit se faire autour de tous les problèmes d’ordre politique, social, économique et culture. Actuellement, il me semble qu’on ne doit pas se focaliser sur un gouvernement d’union national après une élection de cette envergure. Il ne doit plus être à l’ordre du jour, en fait il serait contraire à la volonté exprimée par les urnes. Par contre ce dialogue doit se faire autour des problèmes nationaux, sur la politique sécuritaire, sociale, économique, étrangère et sur le rôle des partis politiques, de la société civile, de l’éducation ect. Il s’agit là d’un important programme pour le pays.

On parle d’un remaniement ministériel imminent, avez-vous une idée de la nouvelle composition du gouvernement ?

Breyka M’Bareck : Ce remaniement s’impose par nécessité, il résulte de l’incapacité de l’équipe en place à suivre la cadence du Président et à traduire sur le terrain son programme de gouvernance. Selon moi, tout en respectant les choix du Président de la République, je constate que le soutien de ses collaborateurs civils et militaire n’est que superficiel. Je peux affirmer que ses responsables sont déconnéctés des problèmes des masses populaires. En vue d’un éventuel remaniement, il serait souhaitable de retenir, parmi les critères de choix : -La proximité avec les populations -la compétence et l’expérience qui n’ont pas d’âge -la crédibilité et surtout la confiance de toutes les couches de la population et la capacité de traduire concrètement les directives du Président quand on sait son intérêt pour le bien être de la population.

Quelle évaluation faites vous de la lutte contre les séquelles de l’esclavage ?

Breyka M’Bareck : Le Président de la République a, dés son arrivée au pouvoir donné des signaux très forts par l’attribution de postes stratégiques à des cadres issus de la composante haratine. Il a multiplié les programmes en direction des zones de grandes concentrations de ces populations. Même au niveau des conseils de ministres, des directives sont régulièrement données pour favoriser les recrutements des populations issues de cette couche. Il y a donc une évolution positive. Toutefois je pense que le Programme d’Eradication des Séquelles de l’Esclavage doit être transformé en une Agence de Réinsertion des Victimes de l’Esclavage en Mauritanie. L’accent doit mis sur la sensibilisation de l’axe abolition et criminalisation. Cette sensibilisation doit viser en priorité les autorités administratives, judiciaires, religieuses et le personnel de l’éducation nationale. On doit cibler les populations de l’Avollé, de l’Aftout, de la Chemmama,des Adwabas et des zones périphériques des grandes villes. Cette sensibilisation doit être confiée à la Commission Nationale des Droits de l’Homme. Enfin, je propose la nomination d’une personnalité chargée du suivi de la lutte contre les séquelles de l’esclavage et qui doit dépendre directement du Président de la République.

En dépit de la nomination de représentants de la couche harratine à des postes de responsabilité stratégiques, celle-ci continue de vivre dans l’exclusion et la marginalisation ? Quelles solutions proposez-vous pour régler cette situation ?

Breyka M’Bareck: Etant donné que le problème de l’esclavage concerne toutes les communautés de notre pays (Ouolofs, Halpulars, soninké et Beydanes), Il me semble prioritaire pour la composante haratine de régler son problème identitaire. Aujourd’hui, Les cadres haratines qui occupent des postes stratégiques dans le gouvernement et l’administration actuelles n’ont pu régler ce problème et à mon avis, il faut trouver des hommes et des femmes qui vont dire à cette couche qu’elle est partie intégrante de la composante Beydane et qu’il n’y a pas de harratines maures ou de noirs maures, que dans tous les pays arabes riches de leur brassage, il n’y a pas de saoudiens noirs, ni d’égyptiens noirs ; ni de marocains noirs, ni d’algériens noirs. Mais aussi les maures doivent accepter que la composante maure qui est majoritaire dans le pays doit se réconcilier avec elle-même et accepter un partage équitable des postes électifs, conseillers, maires députés et sénateurs d’une part et d’une présence satisfaisante dans le gouvernement, l’administration et la justice (Ministres, Secrétaires généraux, chargés de mission, conseillers, Présidents de conseils d’administration, directeurs de sociétés, Wali et Hakim, Procureurs, substituts, Président de tribunal, Commissaire de police etc… Il faut améliorer les programmes de développement dans les zones de grande concentration de cette couche, dans la Chemama, dans l’Aftout, dans les adwabas. Sur le plan social, il convient de régler les problèmes des Dockers occasionnels, des travailleurs dans la SNIM et différentes sociétés minières et le nombreux conflit de travail depuis plus de 30 ans. Il est impératif de trouver des solutions pour les travailleurs du privé dont les employeurs ne respectent pas la législation du travail. Le Commissariat à la sécurité alimentaire doit être réorganisé pour mieux servir les populations. Sa direction doit être confiée à une personnalité compétente et capable de transformer la volonté du Président envers les pauvres en actes concrets, en s’inspirant de la méthode utilisée par le Président de la République pendant sa campagne électorale. Le Projet d’éradication des Séquelles de l’esclavage (PESE) doit être transformé en une agence de réinsertion des victimes de l’esclavage au même titre que l’ANAIR. La direction de cette agence qui doit dépendre de la présidence de la République doit être confiée à une personnalité connue pour ses qualités, son expérience, sa proximité, sa capacité de transformer la volonté du président de la République en actes concrets vis-à-vis de cette composante de la communauté Beydane. Au plan juridique et institutionnel, il faut procéder à la sensibilisation de nos magistrats afin qu’ils puissent accompagner l’évolution nécessaire de la société mauritanienne tout en respectant l’indépendance de la justice. Confier la sensibilisation de la loi incriminant l’esclavage à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH).

Merci mon capitaine d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

Entretien de Mohamed Dogui.

Source: Mohamed Dogui